Finastéride 1 mg dans l’alopécie : renforcement des obligations d’information et de délivrance
- Apollon

- 20 févr.
- 3 min de lecture

Dans un contexte où la sécurité des patients est devenue un enjeu majeur, l’ANSM a récemment modifié les règles encadrant l’utilisation du finastéride 1 mg par voie orale pour traiter l’alopécie androgénétique chez l’homme. Ces nouvelles dispositions visent à renforcer l’information des patients et à structurer le dialogue entre le prescripteur et le patient avant toute initiation ou renouvellement de traitement.
⚠️ Ces règles ne concernent pas le finastéride en application locale (ex : Fincrezo), ni les formulations à dose différente ou d’autres indications telles que l’hypertrophie bénigne de la prostate.
Pourquoi ce renforcement ?
Le finastéride 1 mg est utilisé depuis de nombreuses années pour traiter les formes peu évoluées d’alopécie androgénétique chez les hommes de 18 à 41 ans. Il agit en bloquant la conversion de testostérone en dihydrotestostérone (DHT), hormone impliquée dans la miniaturisation des follicules pileux.
Cependant, plusieurs effets secondaires sérieux ont été rapportés, notamment :
Troubles de la fonction sexuelle : diminution de la libido, troubles de l’érection ou de l’éjaculation ;
Troubles psychiatriques : anxiété, humeur dépressive, idées suicidaires ;
Certains effets peuvent persister après l’arrêt du traitement.
Face à ces données de sécurité, l’ANSM a jugé nécessaire d’aller au-delà des mesures européennes déjà existantes et de structurer l’information donnée au patient.
Attestation d’information partagée : une nouvelle obligation
À partir des dates clés établies par l’ANSM :
16 avril 2026 : pour toute initiation de traitement, la délivrance du finastéride 1 mg en pharmacie sera conditionnée à la présentation d’une attestation d’information partagée cosignée par le prescripteur et le patient.
16 juin 2026 : même obligation pour les renouvellements de traitement en cours.
À quoi sert cette attestation ?
Cette attestation, valable un an et à renouveler annuellement, permet de s’assurer que :
Le patient a bien été informé des risques connus du traitement ;
Un dialogue structuré a eu lieu entre le médecin et le patient sur les bénéfices, les alternatives, les précautions et les signes d’alerte à surveiller ;
Le patient dispose d’un temps de réflexion avant de commencer le traitement.
L’attestation doit être présentée au pharmacien en même temps que l’ordonnance pour que la dispensation soit possible.
Points clés à aborder avec le patient
Lors de la signature de l’attestation, le médecin devra notamment discuter des éléments suivants :
Indication précise du finastéride 1 mg (formes peu évoluées d’alopécie chez l’homme) ;
Possibilité d’alternatives thérapeutiques ou d’approches non médicamenteuses ;
Risques potentiels, en particulier les effets secondaires sexuels et psychiatriques ;
Conduite à tenir en cas d’apparition d’effets indésirables (arrêt du traitement, consultation médicale) ;
Suivi médical régulier pendant la durée du traitement.
Une mesure au service d’un bon usage
Ce dispositif d’attestation n’est pas seulement une contrainte administrative : il constitue avant tout un outil de communication et de sécurité, qui permet :
De renforcer l’éducation thérapeutique du patient ;
D’inciter à une réflexion partagée avant une décision thérapeutique ;
D’assurer un suivi et une surveillance adaptés tout au long du traitement.
À retenir
✔️ Le finastéride 1 mg par voie orale utilisé dans l’alopécie androgénétique requiert désormais une attestation d’information partagée cosignée par le médecin et le patient pour toute délivrance en pharmacie.
✔️ Cette attestation doit être présentée avec l’ordonnance et est valable un an.
✔️ Ces mesures visent à améliorer l’information du patient sur les risques potentiels, notamment sexuels et psychiatriques.
✔️ Elles ne s’appliquent pas au finastéride topique (p. ex. Fincrezo).




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